Nutriments et eutrophisation

L'essentiel

L’azote et le phosphore sont deux nutriments indispensables à la croissance des végétaux. Ils sont suivis, dans l’eau de la Loire, par les concentrations en nitrates, phosphates et phosphore total. Bien qu’ils soient naturellement présents dans le fleuve, leurs teneurs sont accrues essentiellement par les apports d’origine agricole, pour les nitrates, et par les rejets des stations d’épuration, pour les phosphates et le phosphore total.

Les quantités de nitrates et phosphates apportées à l’estuaire sont corrélées au débit du fleuve et celles de phosphore total aux matières en suspension. Depuis 1970, elles varient de 81 000 à 650 000 tonnes par an pour les nitrates, de 1 500 à 14 000 tonnes par an pour les phosphates et de 1 400 à 25 000 tonnes par an pour le phosphore total. Ces quinze dernières années, la diminution des teneurs en phosphore traduit les effets de la réduction des rejets par les stations d’épuration.

En excès dans l’eau, nitrates et phosphates provoquent des phénomènes d’emballement de la production végétale :  ce sont les phénomènes d’eutrophisation. Ils se traduisent en partie par une coloration verte de l’eau, quand les teneurs en chlorophylle a sont maximales.

Illustration, graphique

Evolution des flux en nitrates à Sainte-Luce-sur-Loire (1971-2014)

Globalement, les flux maximaux de nitrates correspondent aux années pour lesquelles la Loire amène le plus d’eau, soit aux années humides, et les flux minimaux, aux années sèches.

Evolution de la moyenne annuelle des concentrations en nitrates à Sainte-Luce-sur-Loire (1971-2014)

Il est difficile d’établir la tendance d’évolution des nitrates à partir du suivi de la moyenne annuelle des concentrations.

 

Evolution des flux en phosphates à Sainte-Luce-sur-Loire (1971-2014)

Les flux maximaux de phosphates correspondent aux années les plus humides. Mais la diminution des concentrations est telle, que les flux sont désormais moindres, même pour les années très humides.

Evolution de la moyenne annuelle des concentrations en phosphates à Sainte-Luce-sur-Loire (1971-2014)

Depuis 2002, la moyenne annuelle des concentrations en phosphates est inférieure à la moyenne interannuelle (sur la période 1971-2014).

 

Evolution des flux en phosphore total à Sainte-Luce-sur-Loire (1982-2014)

Comme pour les phosphates, les flux de phosphore total sont moindres sur les dix dernières années du suivi.

 

Evolution de la moyenne annuelle des concentrations en phosphore total à Sainte-Luce-sur-Loire (1982-2014)

Les teneurs en phosphore total se stabilisent ces dernières années, avec une moyenne annuelle des concentrations autour de 0,1 mg/l.

 

Evolution de la moyenne annuelle des concentrations en chlorophylle a à Sainte-Luce-sur-Loire (1971-2014)

Les concentrations en chlorophylle a sont en diminution depuis une vingtaine d’années, de même que les phénomènes d’eutrophisation.

 

Pour en savoir plus

Suivi à long terme des phénomènes d'eutrophisation en Loire, de la Maine à la mer

Résumé

"Au cours de ces dernières années, l’eutrophisation est devenue une problématique mondiale. Se traduisant par des efflorescences algales, l’eutrophisation concerne tous les milieux aquatiques qu’ils soient marins, lacustres ou fluviaux. Composé d’un ensemble de milieux remarquables, la Loire, de la Maine à la mer, (des Ponts-de-Cé à Saint-Nazaire) correspond à la zone d’étude du GIP LE. Le Groupement d’Intérêt Public Loire Estuaire (GIP LE) s’intéresse à toutes les thématiques environnementales qui ont trait à la Loire et son estuaire, parmi lesquelles figurent la qualité de l’eau.
L’intérêt de la présente étude est donc d’inventorier et d’analyser les évènements d’eutrophisation observés, de la Maine à la mer, entre 1971 et aujourd’hui. L’objectif principal est de caractériser l’eutrophisation au travers des différents paramètres qui la conditionnent. Pour ce faire, différentes méthodes d’analyse ont été croisées afin de comprendre l’évolution de l’eutrophisation dans le temps."