Submersions
L'essentiel
Entre Nantes et Saint-Nazaire, la Loire déborde sur la plaine alluviale dès que son niveau dépasse l'altitude de 2,70 m IGN69, définie comme la ligne de rive. Le niveau d'eau en Loire dépend de la marée, du débit du fleuve et de facteurs atmosphériques (vent, pression). La ligne de rive est systématiquement franchie lorsque le coefficient de marée est supérieur à 96 ; cependant, des surcotes d'origines atmosphériques ou hydrologiques favorisent des débordements lors de coefficients de marée plus faibles. Entre 1996 et 2024, 4 pleines mers sur 10 en moyenne débordent.
Au cours des 30 dernières années, la hauteur maximale de débordement a atteint 1,51 mètre lors du passage de la tempête Xynthia, le 28 février 2010. 90 % des débordements n'excèdent pas 0,75 mètre.
Situé en arrière de la ligne de rive contemporaine, le bourrelet de rive de 1850 structure les modalités de submersion en protégeant les espaces régulés des submersions fréquentes, mais non des submersions exceptionnelles. Paradoxalement, lors d'une submersion exceptionnelle, ce bourrelet constitue un obstacle à la vidange "rapide" des eaux piégées dans une cuvette topographique en pied de coteau. A contrario, sur les espaces ouverts, contigus aux berges actuelles, le ressuyage s'observe après chaque débordement.

Crédit photo : Air Papillon - Source : GIP Loire Estuaire
Illustration, graphique
Distribution des débordements par coefficient de marée entre 1996 et 2024
Toutes les pleines mers débordent à partir du coefficient 96 mais les surcotes rendent possibles des débordements lors de coefficients inférieurs, y compris en période de mortes eaux. Ainsi, le plus faible coefficient au cours duquel la pleine mer a débordé est de 36, lors de la succession de tempêtes Céline - Ciaran - Domingos fin octobre / début novembre 2023.
Sources : GPMNSN/SHOM/GIP Loire Estuaire
Distribution des débordements par niveau entre 1996 et 2024
En moyenne par an depuis 1996, 284 pleines mers sur 706 débordent, soit 4 pleines mers sur 10. Sur la période, le nombre et le niveau de débordement sont principalement commandés par les cycles astronomiques, en particulier le cycle du Saros. Au delà de 75cm, les débordements semblent plutôt influencés par les évènements d'origine atmosphérique. Aucune tendance claire ne se dégage sur la période 1996-2024.
Sources : GPMNSN/SHOM/GIP Loire Estuaire
Niveau et durée des débordements entre 1996 et 2024
La durée de débordement est théoriquement d'autant plus longue que le niveau est élevé, mais cette durée peut varier en raison des différents facteurs possible de surcote atmosphérique. Par exemple, pour un même niveau de débordement, une baisse de pression atmosphérique au large entraine un gonflement général de l'onde de marée tandis que des rafales de vent localisées dans l'estuaire peuvent entrainer une surcote relativement succinte avec un temps de débordement plus court.
Sources : GPMNSN/GIP Loire Estuaire
Evolution du niveau moyen mensuel de la mer à Saint-Nazaire depuis 1863
L'élévation du niveau moyen de la mer à Saint-Nazaire depuis 1900 est comparable à celle mesurée au niveau mondial, avec une accélaration à partir des années 70. Entre 1901 et 1971, une élévation de 1,5 mm/ an est mesurée (1,3 au niveau mondial) ; entre 1971 et 2006, une élévation de 2 mm/ an est mesurée (1,9 au niveau mondial) ; entre 2006 et 2018, une élévation de 4,8 mm/ an est mesurée (3,7 au niveau mondial) et enfin sur la mériode 2006 et 2024, une élévation de 8 mm / an est mesurée à Saint-Nazaire.
Sources : GPMNSN/SHOM/GIP Loire Estuaire
Cartes
Cartographie des zones en eau au cours de 4 débordements
Quatre situations de débordement contrastées ont été cartographiées et peuvent être comparées sur une emprise commune de 9 516 hectares. Dans la plaine alluviale, jusqu'à un certain niveau des eaux, le bourrelet de rive de 1850 forme un obstacle aux submersions des marais régulés, expliquant l'écart important entre la proportion des surfaces submersibles et la proportion des surfaces submergées (en eau et/ou ressuyées) lors des débordements inférieurs au mètre.
Sources : Litto3D®IGN /BD TOPO®IGN/GIP Loire Estuaire
Cartographie des zones en eau le 3 mars 2010, soit 3 jours après le passage de la tempête Xynthia
Le 3 mars 2010, soit trois jours après le passage de la tempête Xynthia, la plaine alluviale cumule les effets de 12 débordements successifs dont 8 à plus de 0,75 m. Parmi eux, le plus important, celui du 28 février au matin, atteint un niveau de débordement de 4,21 m IGN69, et reste plus de deux heures à plus d'un mètre au-dessus de la ligne de rive. Sur 11 610 hectares de plaine alluviale cartographiés, 6 710 hectares apparaissent en eau (soit 60 %), et 3 190 hectares ressuyés (soit 27 %).
Sources : Litto3D®IGN /BD TOPO®IGN/GIP Loire Estuaire
LES SUBMERSIONS EN 1 minute
tempête Xynthia, 10 ans après
Retrouvez le GIP Loire Estuaire, pour évoquer la submersion marine dans l'estuaire lors du passage de la tempête Xynthia, sur Télénantes, dans l'émission "La Quotidienne" du jeudi 27 février 2020. A revoir sur Télénantes (canal 31 de la TNT).
Changement climatique et elevation du niveau de la mer
Le GIP Loire Estuaire a été interviewé pour apporter son expertise sur les cartes de submersions récemment publiées par l'Agence Européenne de l'Environnement.
Pour voir ou revoir le reportage diffusé sur Télénantes (11/02/2020), cliquez sur le lien ci-dessous :
La grande marée et l'estuaire
Retrouvez le GIP Loire Estuaire, pour évoquer la marée du 21 mars 2015, son coefficient et son impact sur l’estuaire, sur Télénantes, dans l'émission "Le 18h, aujourd'hui" du jeudi 12 mars 2015. A revoir sur Télénantes (canal 31 de la TNT).
Odyssea 9ème édition / Grande marée et Estuaire par TELENANTES
DES racines et des ailes
Extrait de l'émission "Des Racines et Des Ailes : En remontant la Loire, de l'estuaire au val d'Amboise" diffusée le mercredi 22 février 2017 sur France 3.
Retrouvez l'intégrale de l'émission, avec le GIP Loire Estuaire, sur notre chaîne Youtube


