Bouchon vaseux

L'essentiel

Le bouchon vaseux est un phénomène naturel des estuaires marnants. Issues de l'érosion des sols du bassin versant, les particules de vases apportées par le fleuve se regroupent entre elles en présence d'eau salée. Plus les particules s'agglomèrent, plus leur poids augmente, favorisant leur décantation. Aux apports de la Loire, essentiellement lors des crues, s'ajoutent ceux de l'océan entraînés par la marée et ceux liés au ruissellement. Les sédiments déposés, mêlés de matières organiques (3,25 % de la masse turbide), forment sur le fond un tapis de vase, appelé crème de vase. Sous l'action des courants de marée ou de crue, ces sédiments sont mis en suspension dans la colonne d'eau et constituent alors le bouchon vaseux.

La présence du bouchon vaseux permet l'existence et le maintien de vasières intertidales, dans lesquelles de nombreuses espèces de poissons et oiseaux viennent se nourrir de vers, mollusques, crustacés. Cependant une quantité trop importante de vases et de matières organiques en suspension peut entraîner des nuisances, tant sur les écosystèmes que sur les usages (colmatage des ouïes des poissons ou encore des prises d'eau).

Le bouchon vaseux et la crème de vase associée connaissent des oscillations saisonnières importantes, liées au débit du fleuve, et des déplacements alternatifs plus réduits, à l'échelle d'une marée.

Crédit photo : GIP Loire Estuaire

Illustration, graphique

Pourcentage de temps cumulé au-dessus de chaque concentration, sur 2007-2012 (depuis le début des mesures, inclus les apports de crue)

De 2007 à 2012, le bouchon vaseux a été détecté majoritairement au niveau de la station de Cordemais, soit plus de 17% du temps (seuil à 1 g/l), puis au niveau de celle de Paimboeuf (13%) et du Pellerin (13%). Les plus fortes concentrations sont davantage mesurées à la station de Paimboeuf. Ces valeurs sont a minima, notamment pour les stations du Pellerin - hors service lors du long étiage de 2009 - et de Cordemais - dont le turbidimètre est en panne en 2012.

Source : GIP Loire Estuaire

 

Emprise maximale du bouchon vaseux sur la période 2007-2012, suivant le débit, en excluant les apports de crue

En étiage, le bouchon vaseux (concentration supérieure à 1 g/l) est mesuré, en surface, de Bellevue à Donges, en vives eaux moyennes, alors qu'en mortes eaux moyennes, il n'est pas détecté en aval de Paimboeuf. Au Pellerin, en mortes eaux comme en vives eaux, le bouchon vaseux est potentiellement présent jusqu'à un débit de 670 m3/s à Montjean-sur-Loire, mais n'est très concentré que pour un débit inférieur à 340 m3/s en vives eaux moyennes et inférieur à 200 m3/s en mortes eaux moyennes.

Sources : DREAL Pays de la Loire/SHOM/GIP Loire Estuaire

 

Présence du bouchon vaseux dans l'estuaire au cours du printemps 2010

Sources : DREAL Pays de la Loire/SHOM/GIP Loire Estuaire

 

 

 

 

 

 

Localisation du bouchon vaseux et de la crème de vase le long de l'estuaire en fonction du débit du fleuve

En débit moyen, la masse turbide est essentiellement située entre Cordemais et Paimboeuf. En période de basses eaux, surtout lors des étiages, elle se déplace vers l'amont et s'étale. La crème de vase est encore détectée en amont de Nantes et le bouchon vaseux peut être visible jusqu'à Oudon en condition d'étiage extrême. A l'inverse, lorsque le fleuve est en crue, les sédiments sont repoussés dans la partie aval de l'estuaire ; les fortes crues les expulsent au-delà de Saint-Nazaire.

Sources : DREAL Pays de la Loire/SHOM/GIP Loire Estuaire

 

Localisation de la crème de vase déposée sur le fond suivant différentes situations

Sources : GPMNSN/GIP Loire Estuaire

 

 

 

 

Carte

Panorama des concentrations en MES de 2007 à 2012 au droit des 6 stations de mesure

Sources : DREAL Pays de la Loire/SHOM/GIP Loire Estuaire