Dragages d'entretien

L'essentiel

Les estuaires sont des lieux privilégiés d'accumulation des sédiments. Des dragages d'entretien s'avèrent nécessaires principalement au niveau du chenal et des souilles des terminaux portuaires, pour maintenir des profondeurs navigables, notamment dans les secteurs où la puissance hydraulique du fleuve n'est pas suffisante pour assurer un auto-entretien des fonds.

Les volumes dragués annuellement sont irréguliers. Depuis 1984, ils ont atteint au maximum, plus de 17 millions de m3 (Mm3) en 1996, et au minimum, près de 5 Mm3 en 2013. La majeure partie des dragages d’entretien s’effectue dans les sections aval du chenal, de Donges à l'estuaire externe. Les sédiments dragués et exportés hors de l’estuaire sont clapés sur la zone d'immersion de la Lambarde (en moyenne environ 4,3 Mm3 par an, depuis dix ans).

Photo : Le Milouin - Crédit : GIP Loire Estuaire

Dragage par injection d'eau : La drague injecte de l’eau à basse pression dans la couche supérieure de vase ou de sable, afin de déconsolider les sédiments qui sont ensuite déplacés par le courant. Cette technique, expérimentée dès 2006, dans la zone d’évitage de Nantes, a été étendue à l’ensemble des sites entretenus. Courant 2011, le Milouin est équipé de ce dispositif ; auparavant, il était doté d’une barre niveleuse pour aplanir les riddens du chenal amont.

Illustration, graphique

Quantités de matériaux dragués entre Nantes et Saint-Nazaire (1984-2017)

Quantités de matériaux dragués entre Nantes et Saint-Nazaire (1984-2017)Les quantités de matériaux dragués dépendent en grande partie des besoins (accueil des navires), des conditions hydrologiques et de la disponibilité des dragues. Depuis 1984, les volumes annuels dragués ont connu un record en 1996 avec plus de 17 Mm3 de sédiments dragués. Les années récentes présentent des volumes dragués moindres, 7 Mm3 en moyenne depuis 10 ans.

Sources : GPMNSN/GIP Loire Estuaire

Cumul des dragages d'entretien annuels par secteur (1984-2017)

Cumul des dragages d'entretien annuels par secteur (1984-2017)Considérant les chenaux et les souilles, en moyenne 93% des dragages sont réalisés à l'aval de Paimboeuf, sur les profondeurs les plus importantes. Les 7% restants correspondent essentiellement aux dragages sur la zone portuaire de Nantes.

Sources : GPMNSN/GIP Loire Estuaire

 

Evolution du volume annuel de sédiments dragués, par technique utilisée (1984-2017)

Evolution du volume annuel de sédiments dragués, par technique utilisée (1984-2017)Sources : GPMNSN/GIP Loire Estuaire

Trois types de dragues sont utilisées, de 2006 à 2017, chacune employant une technique différente.

Le dragage par la Drague Aspiratrice en Marche (DAM) est suivi par le transport et le clapage des sédiments dans l'estuaire externe, à la Lambarde. Ce site accueille la totalité des volumes dragués à l'aval de Paimboeuf par la DAM. Les fosses de Grand Pont et Port-Lavigne ne sont utilisées que ponctuellement pour des matériaux dragués par la DAM dans le secteur nantais. Le dragage avec remise en suspension directe (dragage à l'américaine) a été abandonné en 2006.

Le dragage par la Drague Aspiratrice Stationnaire (DAS) intervient principalement sur les souilles et les accès au port de Saint-Nazaire, en refoulant les sédiments vers le chenal de navigation. Le volume dragué par la DAS oscille entre 1 et 2 Mm3 par an depuis 1996 ; il est inférieur à 1 Mm3 par an depuis 2011.

Le dragage par injection d'eau, déconsolide les sédiments qui sont ensuite déplacés par le courant de jusant. Après une expérimentation sur la période 2006-2011, cette technique est maintenant courante, et représente en moyenne 1,6 Mm3 de sédiments dragués par an.

Carte

Carte des accès portuaires et des dragages

Carte des accès portuaires et des dragagesLong de 69 kilomètres, le chenal de navigation est emprunté par les navires pour accéder aux terminaux portuaires de Nantes à Saint-Nazaire. Afin d’effectuer leurs demi-tours, ils disposent de trois zones d’évitage dans l’estuaire : une en amont (Nantes-Trentemoult) et deux en aval (Donges et Montoir-de-Bretagne).

Pour garantir une hauteur d’eau suffisante sous la quille des navires à quai, quelle que soit l’heure de la marée, des surcreusements, appelés souilles, sont entretenus.

Le chenal se découpe en douze sections. Les sections 1 à 4 désignent le chenal maritime, les sections 5 à 7, le chenal aval, et enfin, les sections 8 à 12, le chenal amont.